Je ne m’attendais pas à être invitée à la projection en avant-première d’un documentaire et quand j’ai accepté de m’y rendre j’ignorais que ce documentaire en particulier allait me bouleverser.
Résumé : C’est l’histoire de femmes et d’hommes qui à la force de leurs bras ont façonné la puissance industrielle de la France. Longtemps, il y eut parmi eux des enfants. Souvent, on a dû faire appel à des immigrés pour venir faire tourner les usines. Tous se sont battus pour inventer les normes sociales de notre pays. Et aujourd’hui encore, chacun d’entre nous connaît, dans sa famille ou dans son entourage, un ouvrier. Grâce à des archives exceptionnelles et des témoignages bouleversants, cette grande fresque parcourt un siècle et demi d’histoire pour rendre hommage à ces femmes et à ces hommes trop souvent absents de nos mémoires et devenus presque invisibles alors que près d’un quart des Français sont des ouvriers. Aujourd’hui, ce sont eux qui prennent la parole dans ce film collectif écrit en leur nom. Ouvriers d’hier et d’aujourd’hui, venus de tout le pays et de tous les corps de métier, nous racontent ainsi cette aventure industrielle dont ils resteront à jamais les héros. Cette histoire est bien sûr la nôtre, celle d’une société entrée dans la modernité au rythme du monde ouvrier, avec ses luttes, ses crises et ses espérances.
Mon avis : Nous les ouvriers c’est l’histoire d’une France que l’on ignore, celle des travailleurs qui depuis la révolution industrielle sont devenus le poumon économique du pays. Des filatures aux mines de charbon, de la sidérurgie à l’automobile, les petites mains font vivre le pays, en tout cas elles lui permettent de s’enrichir et de se développer bien souvent au détriment de leur vie et de leur santé.
Nous les ouvriers c’est aussi un rappel historique des droits durement acquis par les travailleurs et qui profitent aujourd’hui encore à tous (congés payés, sécurité sociale, retraite…) Mais c’est surtout le portrait d’une classe sociale travailleuse qui se décrit sans honte comme moins lettrée, moins éduquée et qui donc en toute humilité connaît sa place dans une société injuste qui ne reconnaît pas leur travail à sa juste valeur.
Sans fatalisme les enfants succèdent à leurs parents, même si ceux-ci rêvaient de mieux pour leurs enfants, même s’il n’y a aucune honte à faire partie de cette France qui travaille dur, il faut se rendre à l’évidence que le manque de reconnaissance et le mépris que leur rendent l’état et la société ne laisse aucunement l’envie de transmettre un métier ouvrier en héritage.
En tant que fille d’ouvriers ce documentaire m’a particulièrement touchée, et je crois n’avoir jamais suffisamment remercié mes parents des sacrifices qu’ils ont fait pour me permettre de vivre d’un métier passion.
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