Daisy Lambert est un artiste insaisissable, un explorateur sonore qui refuse de se plier aux tendances, aux formats et aux carcans temporels. Tel un alchimiste moderne, il distille les fragments de pop culture de ses jeunes années pour en extraire un nectar musical unique. Son univers, imprévisible et stylé, pourrait se résumer par les mots de Sébastien Tellier : « C’est n’importe quoi… Oui… Mais c’est beau. »

Son dernier voyage musical nous embarque à bord de Music Airlines, un clip signé Pierre Paturel et tourné dans une demeure d’architecte de 1965. Entre esthétique Cold War et chaleur réconfortante, la vidéo rend hommage à ces musiciens, héros intemporels qui accompagnent nos vies et, peut-être, bien au-delà.
Né à la fin de la guerre froide dans le Grand-Est, peu enclin à produire des rock stars, Daisy Lambert (Guillaume Lambert de son nom civil) grandit entouré d’amour et de musique. Son enfance est bercée par un large spectre sonore : des chanteurs poètes chers à ses parents aux cassettes des grands frères, passant des Beatles à Yes, de Cure à Clash, de Supertramp à Pink Floyd, et de Mike Oldfield à Jean-Michel Jarre. Oxygène, en particulier, laisse une empreinte indélébile, menant à cette révélation : « des circuits analogiques peut jaillir l’émotion ».
Le 17 mai 2013, Daisy Lambert lance son premier album, Chic Type. Ce disque confidentiel, mais remarqué par la presse culturelle, pose les bases d’une signature artistique unique : un savant dosage de références pointues et de compositions accessibles.
Le talent de Lambert s’entoure de collaborateurs prestigieux : Frédéric Lo réalise deux titres, tandis qu’Alf Briat (AIR, Flavien Berger, La Femme, Phoenix) peaufine le mix. Lambert, en véritable artisan, s’occupe des huit autres morceaux.
Fin 2016, Daisy Lambert revient avec Les Cœurs Célestes, un second album publié chez Archipel. Cet opus explore des territoires plus oniriques, entre balades cosmiques et synthés vaporeux. La presse salue cet Objet Sonore Non-Identifié.
Après un concert marquant au Bus Palladium en 2017, l’artiste se retire temporairement de la scène musicale. Il se plonge dans Debussy et Ravel, chine des objets insolites, se passionne pour les plantes et construit une famille.
Mais l’envie de créer ne l’a jamais quitté. C’est ainsi qu’est né Attractions, un projet discographique d’envergure, envisagé en plusieurs chapitres. L’idée initiale ? Un album choral avec un interprète différent par titre. Lambert sollicite Barbara Carlotti, Benoît Poelvoorde (qu’il n’ose finalement pas contacter), Donald Pierre (alias Romain Guerret d’Aline), et Alka Balbir.
Mais une autre énergie ressurgit : l’envie de chanter lui-même. Lambert reprend le micro et se laisse inspirer par un synthé japonais acheté à Christophe. Comme ce dernier, il pense cinéma : chaque morceau doit devenir la bande originale d’un destin, celui de héros du quotidien.
Daisy Lambert, en esthète libre, slalome entre des influences inattendues : variété italienne, bandes originales de films oubliés, rock progressif et musique de librairie (comme l’obscur label britannique KPM). Entre 1975 et 1982, la pop culture regorge de saveurs qu’il réassemble pour en faire un cocktail à la fois familier et déroutant.
En somme, Daisy Lambert demeure un artiste inclassable, oscillant entre nostalgie et innovation, prouvant que la musique, comme le temps, peut se détourner des lignes droites pour mieux nous surprendre.
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