Live & Rencontre : Julia Palombe – La nouvelle Ève

Il y a quelques semaines je ne connaissais pas du tout Julia Palombe et son univers à la fois féministe, militant, et acidulé. Un brin cynique, un poil rebelle, un tantinet espiègle, et surtout débordante d’humour et de joie de vivre, avec La Nouvelle Ève, son nouvel album, elle a su convaincre un public de tous les âges, et de tous les horizons, qui s’était massivement rué à La Boule Noire pour fêter la sortie de l’album.

 

 

À cette occasion j’ai eu l’opportunité de rencontrer la jeune femme, et de lui poser quelques questions sur son parcours artistique et sur ses influences.

Les Musichroniques : Peux-tu te présenter rapidement ? (Depuis combien de temps fais-tu de la musique etc…)

Julia Palombe : D’aussi loin que je me souvienne j’ai toujours été portée par l’art. Je suis montée sur scène pour la première fois vers l’âge de 5 ans, et je m’y suis instantanément sentie à ma place. C’est ma maison, mon terrain de jeu favori. J’ai commencé ma carrière en tant que danseuse contemporaine, des contrats qui m’ont fait traverser la planète ; avant de me consacrer à la musique et à l’écriture à partir des années 2010.

Les Musichroniques : Tes chansons révèlent un combat féministe… est-ce que tu t’es toujours sentie concernée par cette cause, ou cela t’est venu à l’âge adulte ?

Julia Palombe : C’est la presse la première qui m’a qualifiée de « féministe en talons aiguilles », je la remercie, cela me va très bien ! Je n’ai pas été bercée dans une famille particulièrement concernée par la politique ; j’ai découvert cette cause quand je suis venue m’installer à Paris dans les années 2005/2006. En somme, ce qui me paraissait être une évidence- jouir de son corps sans entraves, être l’égale des hommes, choisir sa vie, être libre- était loin d’être le cas pour toutes mes copines. C’est à ce moment-là que j’ai pris conscience de l’ampleur de ce combat, qui est avant tout sociétal.

 

 

Les Musichroniques : Comment on en arrive à écrire avec Marlène Schiappa ?

Julia Palombe : Marlène est une amie, nous nous sommes rencontrée en 2012, j’avais écrit la chanson « mon accouchement » et elle m’a invitée à venir la chanter lors de la journée de présentation annuelle « Maman travaille ». Je me souviens NKM côtoyait Ovidie, les mères de familles, les politiciennes, les mamans solos, les secrétaires, toutes parlaient et riaient ensemble. J’avais adoré l’ambiance ! Marlène et moi nous avons collaboré ensemble à plusieurs reprises, comme pour le livre qu’elle a dirigé en 2016 « Lettres à mon utérus ». Et puis, lorsque le thème de la « mère indigne » s’est imposé à moi pour ce nouvel album, je me suis dit que Marlène était la personne idéale avec laquelle travailler.

Les Musichroniques : Pour le concert de mercredi, tu as débarqué sur scène dans des tenues plutôt « suggestives », tu n’as aucune peur du jugement ? Peur du regard de l’autre ? Ta façon de te vêtir est-elle une façon supplémentaire d’assumer le féminisme ?

Julia Palombe : Exception faite de la bêtise, je n’ai peur de rien ! Et certainement pas du regard des autres… Ma façon de me vêtir participe d’un choix avant tout artistique et esthétique. Le féminisme est dans mes textes, et accessoirement il passe par ma liberté de me vêtir comme bon me semble.

 

 

Les Musichroniques : Sur scène tu es plutôt bien entourée, tes musiciens sont- ils ton noyau habituel ou ils changent au gré de leurs disponibilités ? As-tu besoin d’avoir un cercle de confiance avec des musiciens précis pour travailler ?

Julia Palombe : Le noyau dur, c’est Serge Leonardi (compositeur, guitariste) et moi. Toutes les chansons commencent en duo, on fredonne, on écrit, on construit ; puis on appelle les copains à se joindre à nous. À la basse, Dédé Bell est présent depuis les débuts, et c’est un artiste que j’apprécie énormément. Les batteurs, j’en ai essayé plusieurs pour des raisons de planning et de style, aujourd’hui je travaille avec David Boutherre et j’en suis ravie. Le dernier arrivé, c’est mon claviste Baptiste Allard, avec lequel je ressens une joyeuse complicité. Pour mes musiciens, je fais une confiance totale à Serge pour réunir un ensemble cohérent et de grande qualité. Je suis exigeante, et ils sont excellents.

 

 

Les Musichroniques : Peux-tu nous citer 3 albums incontournables ?

Julia Palombe :  Jimi Hendrix – Electric ladyland, Pink Floyd – The dark side of the moon, Serge Gainsbourg – Melody Nelson

Les Musichroniques : Quels sont les artistes qui influencent ton œuvre ?

Julia Palombe :  Les artistes qui m’influencent sont nombreux, tant dans le domaine de la musique (le 1er concert des Stones que j’ai vu en 1995 à Montpellier reste pour moi une grande leçon de rock), que dans celui du cinéma (italien de préférence : Fellini, Sorrentino, Tinto Brass…), du théâtre chorégraphique (Pina Bausch en tête), de la peinture surréaliste (le geste dense et touchant de Dali m’enivre), ou de la poésie érotique (de Bataille à Neruda en passant par Apollinaire et Joyce). Ma grand-mère m’a filé le virus de la passion des Music-hall (« All that jazz » et tous les autres ont bercé mon enfance). Mais disons que j’aime par-dessus tout, les grands shows à l’américaine qui réussissent le tour de force de mêler tout ça avec talent ! Je suis une bosseuse et je vise haut : le ciel est la limite….

Les Musichroniques : Pour conclure, une citation qui représente Julia Palombe ?

Julia Palombe : « Mères, filles et putains, prenons-nous par la main, ici commandent nos seins ! »

Les Musichroniques : Merci Julia pour ce joli concert, et cette interview très sympathique.

 

 

 

 

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