Portrait : Nawel Ben Kraïem – Par mon nom

Nawel Ben Kraïem est une jeune femme blonde, méditerranéenne, qui mêle la poésie et la volupté de ses mots à la musicalité de la pop et du r’n’b. Aujourd’hui, alors qu’elle vient de sortir un nouvel EP intitulé Par mon nom, et elle a accepté de me parler d’elle, de ses projets, et de ses espoirs.

Très tôt elle monte sur scène à Tunis, sa ville d’origine, où elle déclame des poèmes en français, en arabe, et en anglais, puis elle arrive s’installe en France à 16 ans… Dès lors elle en est convaincue elle sera artiste.

Auteure, compositrice, interprète Nawel Ben Kraïem vient de sortir un nouvel EP, tout en poésie et en sensualité « Par mon nom » rassemble 7 titres qui lui ressemblent, un mélange onirique, et artistique multi-genre « Avant la musique, mon premier coup de cœur artistique a été le théâtre, à travers des ateliers en Tunisie. La musique a pris de la place à mon adolescence où j’ai pris conscience du pouvoir abstrait et mystérieux du chant mais aussi du pouvoir des mots qui venait s’ajouter au plaisir de partager sur scène. J’ai formé un premier groupe, Cirrus, à Paris, à l’âge de 19 ans dans lequel j’écrivais les textes et composait les mélodies. Je chantais déjà en plusieurs langues et mélangeait des poèmes parlés avec des passages chantés. J’ai continué à tirer ce fil en solo : Je mêle et fait se rencontrer mes influences sans me mettre de limites et j’essaie d’assumer une musique hybride »

Un EP qui est le résultat d’influences diverses, celle qui souhaite être « créatrice de sa vie », y « rassemble des influences folks, hip hop, nord africaines… Je mêle une conscience du monde et une poésie plus intime. L’inspiration c’est surtout un état d’esprit un peu disponible et détendu qui rend l’inspiration possible, me rendant réceptive aux lieux, aux gens, aux situations, aux émotions et aux images. En ça la Tunisie ou l’Algérie où je vais souvent m’inspirent peut-être davantage que Paris car Paris est une ville où je suis un peu plus encombrée par des obligations… Mais ce que je traverse et ce que je vis me nourrit et m’inspire mais mes amis et mes lectures aussi. J’aime les gens hauts en couleur, les romans avec des personnages épais. Je suis aussi consciente que notre intériorité et nos expériences intimes ne sont pas sans lien avec le contexte social et politique dans lequel on évolue. C’est intéressant et inspirant de trouver l’angle pour aborder ces sujets qui dépassent l’intime. »

Influencée par des lieux, mais également par d’autres artistes Nawel Ben Kraïem l’est très certainement, qu’il s’agisse de poésie ou de musique, chacun résonne de façon particulière pour la jeune artiste… « Mes influences pour l’écriture vont de la poésie avec Anais Nin, Audrey Lorde et Mahmoud Derwich au hip hop dans lequel j’aime la conscience et la plume acérée de Casey et la sincérité de la plume de Youssoupha. Pour la musique, mes premières influences vont vers des formes guitare – voix un peu brutes comme l’album unplugged de Lauryn Hill ou des albums guitare- voix de Joan Baez où les mélodies suffisent à porter le groove et l’émotion.  J’aime les voix habitées comme celles de Anthony and the Johnson (Anohni) en occident ou de Majda El Roumi en orient. Sinon en terme de production j’aime les textures un peu planantes comme les sons de claviers et guitares qu’utilisent London Grammar ou Alt J et j’aime aussi les productions pop américaines avec des rythmiques lourdes et une gestion de l’espace et des silences comme sur l’album « Lemonade » de Beyoncé. »

Les artistes ont cette sensibilité, presque une empathie maudite envers le monde qui les entoure et qui leur impose une certaine nécessité de créer, « Il me semble que c’est souvent une hypersensibilité qui explique la nécessité qu’ont les artistes de créer, pour sublimer leurs émotions et pour prendre la parole. Être hypersensible ce n’est pas toujours facile, c’est même être un peu maudit… Paradoxalement il faut de l’énergie et de l’élan voire de la joie pour s’aventurer dans son intériorité et dans sa créativité puis savoir la partager – Donc il faut être un peu maudit mais pas trop… Joyeusement maudit ? »

La sortie d’un nouvel album, d’un nouvel EP revêt toujours une petite appréhension, le public sera-t-il au rendez-vous, que ce soit chez le disquaire ou sur scène… Parce que chaque musicien vit avec l’objectif de transposer au live ce qu’il passe des mois voire des années à peaufiner dans une studio d’enregistrement… « Pour moi la scène a toujours été un cadeau, un endroit de profond partage et de connexion voire de communion avec les autres. Les réseaux sociaux peuvent être une prolongation de ces moments mais les échanges les plus forts avec le public se font sur scène dans un espace-temps un peu magique ! J’ai pour seul objectif de partager et délivrer avec un public, en chanson, mon petit monde avec les émotions, les solitudes, les réflexions qui me traversent, car finalement je mets ma double culture, mon imagination et ma créativité au service de la musique pour témoigner de mon époque, celle où les identités sont multiples et croisées. »

Par mon Nom – Nawel Ben Kraïem EP disponible depuis le 28 septembre chez Capitol

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