Rencontre : Sandra Nkaké – Tangerine Moon Wishes

« Artiste protéiforme, compositrice, actrice, chanteuse », c’est ainsi que se définit Sandra NKaké quand on lui demande son métier… Vous vous en doutez, ce talent ne pouvait passer à travers notre radar, et cela a suscité notre curiosité. A l’occasion de son passage à Nuits Secrètes, nous avons eu l’opportunité de l’interviewer, et de discuter de ce qu’elle fait, et de ce qui l’anime.

Une façon de trouver quelques réponses à cette question qui nous taraude…

mais qui êtes- vous Sandra NKaké ?

Loin de nous l’idée d’évoquer uniquement ses origines sociales ou ethniques pour comprendre ce qui anime l’artiste, et savoir ce qui se cache réellement derrière le talent, les disques, la scène…

Car au-delà d’un métier passionnant et multi-facettes, Sandra Nkaké est avant tout une artiste accomplie, et polyvalente. Être chanteuse c’est quelque chose de particulier pour elle, c’est aussi et surtout une expérience de vie « Je le fais comme un troubadour qui essaie en musique de circonscrire une agora dans laquelle on va discuter, échanger sur comment créer un monde où chacun va pouvoir s’exprimer avec toutes ses particularités. »

Écrire, composer, chanter c’est également comme pour de nombreux artistes une forme d’exutoire, « Je pense que je fais de la musique, d’abord parce que ça me fait du bien mais aussi parce que je crois  à sa vertu libératrice et généreuse, dans le sens où elle peut toucher les gens au cœur et leur permettre de dialoguer. »

Dans chacun des albums de Sandra Nkaké on ressent un style parfois pop, parfois musique du monde, parfois soul ou jazz selon les chansons. Des influences diverses qui font en quelque sorte la richesse de sa musique, pourtant ce n’est pas tout à fait ainsi qu’elle le voit car « La musique je la ressens, et quand j’écris je ne le fais pas en imaginant un style en particulier. J’essaie de retranscrire au plus près ce que j’entends et ce que je ressens. Mes musiques sont l’expression de mes sentiments, mais aussi d’histoires que j’ai envie de raconter. Ces histoires induisent un décor, une certaine énergie, et de fait elles induisent un certain type d’orchestration. La classification de la musique appartient à ceux qui ont envie de la classer. »

L’influence et l’inspiration viennent de divers horizons dans l’écriture et la composition pour créer la griffe artistique de Sandra Nkaké. La création naît du quotidien comme du particulier, « Je ne sais pas dans quelle mesure ce que j’ai écouté ou ce que j’écoute encore, ou les livres que je lis, ou les expositions que je vois, ou les producteurs agricoles que je rencontre, mes amis, ou la vie tout simplement infusent dans ma musique. Mais tout cela passe par le filtre de mes yeux, de mon regard, de ma sensibilité, de mes oreilles, de mon cœur… Je ne sais pas quelle musique c’est, mais c’est la mienne en tout cas ! »

D’autres artistes influencent parfois ce processus créatif, et imprègnent, laissent leur empreinte inconsciemment dans votre musique, «  Si les artistes m’inspirent ce n’est pas dans la musique en elle-même mais dans la façon dont elle m’impacte, et la façon dont moi je perçois leur trajectoire, et leur manière de fonctionner, j’aime beaucoup Raphaële Lannadère, Bjork, Nina Simone, Joni Mitchell… Je pense que stylistiquement elles n’ont rien à voir mais ce qui me touche chez elles c’est leur poésie, leur vérité, leur sincérité et un caractère brut, c’est-à-dire qu’elles ne mentent pas, ce qu’elles partagent c’est vraiment ce qu’elles ressentent. »

Parfois l’inspiration a la chance de venir dans les instants du quotidien, dans les choses les plus inattendues, insignifiantes, et parfois dans la contradiction « Tous les endroits sont sources d’inspiration parce que chaque lieu a une vibration et donc une musicalité, un rythme, des sons particuliers qui sont très inspirants. Là on a joué à Junas, il n’y pas très longtemps et on a été accueilli par le chant des cigales, et c’est assez merveilleux. Et en même temps, j’ai quelques titres qui ont été inspirés par le rythme du métro, donc voilà je pense que tous les endroits, pour peu que l’on soit ouvert, et que l’on ait les antennes bien tendues sont source d’inspiration. »

Depuis une quinzaine d’années qu’elle fait ce métier, Sandra NKaké poursuit sa carrière sans faire de vagues, aucun scandale ne vient éclabousser un parcours sans faute mené par un mantra qui la guide professionnellement et personnellement, mais aussi parce qu’elle reconnait la chance qu’elle a d’exercer ce métier et de vivre de sa passion « La sincérité pour ruse suprême, c’est une forme d’adage transmis par mon grand père, c’est une forme de mantra. Je l’ai pris comme une ligne directrice de vie, c’est-à-dire que quelque soit le chemin que j’allais emprunter je savais que j’avais une injonction de le faire toujours avec le cœur, et à 300% de ce que je pouvais, en étant toujours moi. J’ai la chance de faire de la musique depuis 15 ans maintenant, et d’avoir toujours rencontré des personnes qui m’ont proposé des projets. Mes choix se font toujours avec mon moteur central c’est-à-dire avec le cœur, avec l’envie, avec de la joie, avec une forme de sincérité. »

Cette authenticité, cette sincérité, se ressentent également dans la relation que l’artiste entretient avec son public, une relation particulière, « Je pense que j’ai une relation assez directe avec le public depuis le début, déjà quand on est sur scène c’est un vrai moment de partage d’énergie, et j’essaie de donner le maximum de ce que je suis au moment où je suis en train de le faire. Même si quand on est sur scène, les choses sont mises en scène, mais en fait on met en scène une forme de vérité. »

La scène pour les artistes c’est aussi ce puits d’amour, de reconnaissance et d’énergie, en effet « Je reçois beaucoup, beaucoup d’énergie, beaucoup de joie, après les concerts je prends toujours un petit temps pour aller discuter avec les gens, parce que je trouve ça intéressant de comprendre pourquoi chacun, chacune est venu, a été interpellé par mon projet. Au final au fil des années on construit une relation des fois très profonde même si on ne connait pas personnellement les gens ce qu’ils nous renvoient c’est qu’on les a touché à un endroit qui est très intime et ça c’est précieux. »

Via internet et les réseaux sociaux Sandra Nkaké maintient également ce lien avec son public, pour permettre de ne pas se perdre de vue, mais aussi pour s’enrichir les uns les autres via le partage, « Quant aux réseaux sociaux j’essaie de communiquer au mieux avec eux, c’est moi qui entretient mes réseaux, et j’essaie de répondre autant que possible et de les tenir informer de ce qui me meut, et de ce qui m’émeut. »

Ainsi à travers sa musique, ses pratiques artistiques, mais aussi les messages positifs qu’elle véhicule à son public, Sandra Nkaké encourage chacun à s’aimer soi-même, à s’accepter en tant qu’individu, « Il faudrait que tout le monde soit comme soi-même. Il ne faut pas être comme tout le monde, je pense justement qu’il importe de cultiver ses singularités, de les accepter, de les embrasser, de leur porter une grande bienveillance. Nous sommes des animaux essentiellement grégaires, et ce même si nous vivons dans une époque qui nous pousse à l’individualisme. »

La grande contradiction de notre époque étant sans nul doute notre approche de l’individu et du communautaire, de la solidarité, « c’est assez paradoxal à la fois on nous pousse à l’individualisme et en même temps rien n’est fait pour que l’on prenne soin de qui on est, et pour qu’on puisse exprimer vraiment qui l’on est. Je crois vraiment à ça, à essayer de la manière la plus poétique possible de proposer aux gens une alternative, et de leur dire que quelque soit leur choix de vie, leur corps, leurs orientations religieuses ou sexuelles, leurs choix politiques, leur voix compte, ils ont le droit de s’exprimer… »

Un message fort que l’artiste nous propose car l’épanouissement de chacun profite à tous, « On a le droit d’être qui l’on veut, d’être fragile, lent, d’être peureux, d’être timide, grande gueule… On a le droit d’être qui l’on est et la société se portera mieux, on se portera mieux ensemble si on arrive chacun à s’accepter, comme on est en douceur. »

Ce weekend la positivité, la poésie et la douceur de Sandra Nkaké seront au rendez-vous sur la scène du Festival Nuits Secrètes, de son côté elle attend ce moment avec impatience ! « C’est la première fois qu’on y joue et on est vraiment très heureux, on a hâte. C’est entouré de beaucoup de mystère et je pense que ça va être un chouette moment ! »

Pour en savoir plus sur le Festival Nuits Secrètes, clique ici.

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