Portrait : Mahrnie, à l’état Sauvage ?

Le 26 novembre Mahrnie a sorti son nouveau clip intitulé Sauvage. À cette occasion, elle a accepté de répondre à mes questions, pour que l’on puisse ensemble observer son degré de sauvagerie… ou pas ? C’est parti !

Mahrnie est une jeune artiste française, auteure compositrice interprète, mais aussi scénariste et comédienne on peut dire que ce qui la caractérise c’est avant tout une sensibilité à fleur de peau mais surtout un sens aigu de soi, et des autres, comme une forme d’empathie.

Dès l’enfance, elle forge sa destinée artistique via les cours de musique, et les sections spécialisées, « Je fais de la musique depuis l’âge de cinq ans. J’ai commencé par de l’alto, puis du hautbois pendant plus de dix ans. À l’école et au collège, j’étais en section horaires aménagés où deux jours par semaine, nous étions au conservatoire, à faire de la musique, au lieu d’être en classe. Top ! »

En grandissant les centres d’intérêt de Mahrnie se diversifient et jouer la comédie la titille, mais le parcours que l’on se choisit n’est pas forcément le plus simple… « Le chemin se faisant difficile en tant que comédienne, je suis partie vivre à Londres, et ayant eu un besoin vital de m’exprimer à ce moment-là, j’ai commencé à écrire mes propres chansons, en 2013. J’ai donc passé trois ans à partager mon temps entre le studio et la scène, afin de développer des centaines de chansons. » Finalement cet exil aura eu quelque chose d’apaisant et de positif sur l’artiste puisque c’est forte d’un nouvel élan qu’elle retrouve notre beau pays, « Je suis revenue en France en 2016, et j’ai commencé à réfléchir plus posément à une direction artistique précise afin d’affiner mon travail. J’ai écrit de nouvelles chansons en essayant de me dévoiler à travers ce qui me constitue en tant qu’artiste et en tant que personne : le féminisme. J’ai sélectionné ce qui me semblait être les meilleurs titres afin de développer un EP. J’y travaille depuis plus d’un an. Il sortira en 2019, et j’ai voulu m’orienter vers la chanson française, empreinte de sonorités urbaines, afin de mettre en avant une musicalité moderne qui va dans le sens de mon propos. »

 

Celle qui ne croit pas que l’inspiration puisse exister, est influencée par de nombreux artistes… D’ailleurs la définition qu’elle accorde à ce mot est différente de celle de tout un chacun, mais elle reste la définition la plus logique, et la plus intègre, « On n’est pas artiste parce que l’on est chanteur, acteur, etc…  Tout dépend la manière dont on fait son métier et ce qui nous pousse à le faire. Quand la musique est faite de façon commerciale pour que ça se vende, et que dans le fond, la personne n’a rien à dire, s’il n’y a qu’un gros vide qui ne peut se combler que par l’argent… cela ne me touche pas pour le moins du monde, quelle qu’en soit la réussite. Tous les artistes du monde m’influencent, toute forme d’art confondue, et particulièrement ceux et celles qui avancent sans se compromettre. Ce qui est très rare… »

Alors que ses chansons reflètent d’une certaine façon ce qui se passe dans notre société, notamment la place de la femme, et les enjeux que représentent le féminisme à l’heure actuelle, Mahrnie nous confie que l’écriture est finalement son compagnon de vie, un outil pour comprendre le monde actuel toujours avec cette empathie si caractéristique de la jeune femme « J’écris tout le temps, pour ne pas me retrouver devant une page blanche un jour et aussi parce que c’est un besoin. Que ce soit des textes de chansons, des scénarii, des notes… Oui, ma vie personnelle influence le processus créatif ! Tout ce que je fais dans la vie, je le fais en pleine conscience, de façon engagée et responsable. Je fais de même avec ma musique. Pour moi, l’art est une vitrine pour dénoncer les travers de notre société et jamais il ne me viendrait à l’idée d’écrire un album entier de mièvreries, de ne parler que de mes petits bobos, de mes petites peines de cœur…  Je sais que certains chanteurs en font une carrière entière ! Moi je n’arriverais même pas à en faire une seule chanson ! Pour moi, un artiste peut employer le mot « je » mais pour parler des autres. Se mettre à la place des autres, parler des autres, c’est peut-être ça dans le fond, l’essence même d’un artiste. »

Ce questionnement, cette recherche de vérité mais aussi ce ressenti de l’autre, cette attention face aux sentiments, ce sont des qualités que possèdent de nombreux artistes. Ils ont aussi cette volonté de changer le monde, et le regard que les gens portent sur le monde, et qu’ils soient poètes, saltimbanques, comédiens, ou musiciens leur but est d’exposer leur vérité finalement, Mahrnie se retrouve assez bien dans cette description d’un soi atypique, « Paul Verlaine avait très bien parlé de ça dans son ouvrage : “Les poètes maudits ». Et cela s’applique à tous les artistes, pas qu’aux poètes. Je pense que l’appellation « artiste maudit » vient du fait d’être incompris, pas regardé, pas entendu. Il y a aussi un côté anticonformiste, qui refuse cette société, qui refuse les normes. Cela questionne aussi le fait de vivre en couple, d’avoir des enfants, de jouer à ce jeu-là… Si on se plie à ça, on abdique en quelque sorte, on cesse d’être révolté dans le fond. On fait de soit ce que les autres en attendent. Donc là, l’artiste meurt. Je pense en tout cas qu’il faut avoir un sérieux problème avec la vie pour pouvoir la questionner autant qu’un artiste ! »

Encore peu connue du public, Mahrnie envisage cette relation avec beaucoup de discernement et de lucidité, pour le moment tout passe par internet et les réseaux sociaux sont d’une grande aide pour faire la promotion de son projet, même si selon elle ce n’est pas si simple et cela ne remplace pas la réalité… « Les réseaux sociaux, c’est compliqué ! Si je pouvais ne pas y être, je n’y serais pas ! Je n’y ai jamais rien posté de personnel, je déteste les selfies, je m’en sers uniquement pour promouvoir mon travail, et rentrer en contact avec des gens qui pourraient aimer ce que je fais. En tant qu’artiste inconnue et émergente, c’est un outil parfait pour cela. Malgré tout, il y a tellement de gens dessus, qu’il est facile d’être noyée parmi tant d’autres. La scène permet de rencontrer réellement les gens, c’est vivant, il y a un vrai partage, un vrai regard et une écoute. Et les réseaux sociaux ne remplaceront jamais ça. »

Finalement, Mahrnie c’est une artiste qui a les pieds sur terre, et la tête dans les étoiles, allez la découvrir très vite !

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Crédit photos : Mahrnie

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