Portrait : TiM – De la chanson photographique

A l’occasion d’une soirée musiques actuelles au Chato’ do à Blois organisée par Reconnaissance Productions, j’ai rencontré chaque groupe pour vous faire une série de portraits.

Alors qu’il sortira son troisième album en 2019, nous avons partagé une jolie discussion avec Tim! lors de son passage à Blois en décembre dernier. Le jeune auteur, compositeur, interprète, originaire d’Orléans, revient sur ses influences, et sur ce qui contribue aujourd’hui encore à la construction de son identité artistique.

 

 

Depuis quelques années maintenant, d’abord dans le cadre d’un projet de duo intitulé Rue des Anges, puis aujourd’hui en solo, Tim propose « de la chanson française pop folk, qui parfois est purement dans la variété », comme tout un chacun son identité musicale s’est construite au fil des années, « musicalement ce qui me caractérise ce serait plutôt du Serge Gainsbourg, du Georges Brassens, du Jacques Brel, ce que j’écoutais quand j’étais petit, même s’il y a eu des choses moins avouables », confie-t-il en riant.

Mais bien entendu, ses influences ne s’arrêtent pas là, ce grand fan de chanson française, ne pouvait pas passer à côté de l’ancienne nouvelle scène française, qui était encore la nouvelle scène française à l’époque, « Dominique A, Louise Attaque, et Miossec », c’est d’ailleurs ce dernier pour qui il a une tendresse particulière, et sur lequel il ne tarit pas d’éloges, qui l’a incité par sa musique à se mettre à la guitare, « Miossec m’a fait me mettre à la guitare et cela fait seulement 6 ou 7 ans que j’écris mes propres textes avant j’étais juste musicien amateur, un musicien de loisirs et je me suis lancé dans l’écriture pour créer mon projet » raconte Tim.

Il écoute beaucoup de musique, et notamment il réécoute en boucle Boire le premier album de Miossec, qu’il qualifie de « mythique », mais aussi Superflu, un groupe originaire de Lille, « un duo où il y a une fille et un garçon c’était top », et dans les artistes plus récents c’est à Gaël Faure que va sa préférence, « Dans Regain, Gaël a su allier les beaux textes aux belles mélodies, il a une voix magnifique, il dégage une tranquillité et une sérénité, c’est agaçant il a un peu tout pour lui… » évoque-t-il pensif

Si l’inspiration peut le saisir partout, n’importe quand, Tim avoue volontiers que sa fascination pour New York l’a influencé dans l’écriture d’un nouveau titre, « Il n’y a pas vraiment de pays ou de lieu qui m’inspire, mais je suis allée à New York dernièrement et j’ai écrit une chanson qui s’appelle Brooklyn avec Julien Mirq (du groupe Arcadya), donc on va dire New York même si je ne vais pas y  aller à chaque fois pour écrire une chanson, pour le budget de production ce serait un peu dur » dit-il

De plus la vie personnelle du jeune homme influence son écriture, « c’est plutôt par des bribes de phrases, je suis toujours un petit peu aux aguets, ce que je vis m’influence forcément mais c’est plutôt l’ambiance générale je dirai, la façon dont on ressent les choses, d’être à l’écoute, une forme d’empathie un peu… » ajoute-t-il

Et puisque tous les thèmes ont été écrit, joué et entendu en matière de chanson, l’important est la façon dont on aborde le sujet, « la chanson c’est comme la photographie, parfois on prend un angle un peu différent, on prend un peu plus de profondeur, et là il faut essayer de trouver sa singularité » souligne Tim

Trouver sa singularité, son individualité, des thématiques précises qui remettent au centre de la création l’importance d’être soi-même, « je dirai sois toi-même les autres sont déjà pris, et en matière de musique ce n’est pas évident de réussir à se détacher de ce qui a déjà été fait, de ne pas se comparer, de ne pas essayer d’aller dans des choses même sans copier ne serait-ce que s’inspirer ce n’est pas évident… ça a mis quelques temps avant que je réussisse à assumer, à affirmer ma singularité même si je ne fais pas quelque chose de super original mais il y a toujours quelque chose… il faut qu’il y ait un angle, une patte, on parlait de photographie tout à l’heure et c’est pareil, il faut qu’il y ait une patte que l’on reconnaisse tout de suite qui est l’auteur de la photo, ou ici de la musique » explique –t-il

Le nouvel album parlera de ces changements, de grandir, de vieillir, et notamment « il y a une chanson qui parle du temps qui passe, les paroles font « tout glisse entre les doigts un peu de blanc ici et là », et c’est parce qu’on vieillit et que le blanc nous vient, et on a l’impression que le temps nous échappe… En vieillissant on est plus nostalgique, il y a moins de rêve, moins d’utopie, est ce que c’est être désabusé je ne sais pas… » dit Tim

Vieillir permet également de se trouver de nouveaux combats, dont on n’aurait pas soupçonné l’existence en soi, « Je suis devenu féministe depuis que je suis père de 3 petites filles, avant pour moi c’était acquis, on était dans une revendication juste histoire de protester, depuis que j’ai mes filles je vois les choses différemment, la façon dont leur avenir est déjà un petit peu cadré dont on peut les restreindre dans certaines choses. Pour obtenir les mêmes postes, et les mêmes choses elles devront se battre deux fois plus, y a encore un petit peu de retard sur le sujet et j’y suis venu très tard… » se confie Tim « Même si ce n’est pas un retard législatif, c’est un retard dans la façon dont les hommes perçoivent la chose mais aussi dont les femmes se perçoivent elles-mêmes, je trouve ça important de donner confiance à mes filles, il n’y a pas des métiers pour elles et des métiers pas pour elles, il n’y a pas des choses qu’elles peuvent faire et d’autres qu’elles ne peuvent pas faire, ne serait-ce que ça, je veux qu’elles aient conscience finalement qu’elles peuvent tout faire… » précise-t-il

 

Malgré un contexte politique et économique difficile, le public continue à se déplacer pour voir les artistes qu’il apprécie en spectacles, c’est touchant, et surprenant pour des artistes comme Tîm, « J’ai une très bonne relation avec le public, (rires), je suis très flatté de voir que des gens m’écoutent, qu’ils viennent me voir en concert… il y a toujours une certaine forme d’étonnement, les gens qui font l’effort de venir me laissent admiratif, et il y a une sorte de rapport amical, la distance n’est pas compliquée à mettre on est pas des superstars non plus » s’esclaffe-t-il

2019 sera une année importante pour l’artiste avec la sortie de son nouvel album, et d’autres projets à venir, avec des envies d’aller encore plus loin, et de mieux faire, « C’est une année assez importante avec une sortie d’album, des partenariats qui sont en voie de réalisation avec un projet qui sera de plus en plus sérieux, une belle année j’espère… Et sinon je souhaite continuer d’être féministe, rester moi-même mais en en mieux, et continuer à me faire plaisir… » conclut Tim dans un sourire.

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