Portrait : The Wash – De l’ombre à la lumière

Après la sortie début février de leur premier album, Just Enough Pleasure to remember, je suis allée à la rencontre de The Wash, lors du concert de lancement à la Boule Noire. Présentés par des amis en commun, il a fallu du temps avant que l’idée de créer ensemble ne fasse son chemin, « après quelques temps, on s’est vraiment dit que ce serait cool de faire des chansons ensemble » nous raconte David.

Musiciens, passionnés, et hyper créatifs, David, l’américain et Jérôme, le français, créent le groupe il y a 3 ans, « J’adore écrire des chansons mais jusqu’à maintenant j’écrivais des moitiés de chansons et je les jetais à la poubelle, et avec Jérôme on se complète très bien, je ne jette presque plus rien à la poubelle » explique David

On dit que les opposés s’attirent, et c’est sans nul doute cette opposition qui caractérise les deux compères, quand l’un est noctambule, l’autre est plutôt diurne, David aime travailler la nuit, « seul le soir quand tout le monde dort » quand Jérôme préfère travailler pendant la journée, « je ne travaille jamais la nuit, je n’aime pas ça. J’étais toujours content parce que je me réveillais avec des mélodies en mode « super j’ai un nouveau morceau de David ! » En bref, une belle complémentarité !

Alors qu’ils se lancent dans l’écriture et la composition de ce premier disque, on leur passe la commande de musiques pour le film « Le Grand Bain », « au début on a commencé à travailler ensemble sur la musique du film, et puis on s’est dit tiens on va en faire un album et au final quand on nous recherche sur les plateformes de streaming la chanson qu’on trouve le plus c’est Vertigo. » nous confie David.

Un titre pop, très loin de l’identité sonore de The Wash, une identité qui se retrouve jusque dans leur nom, « ça peut avoir beaucoup de signification, the wash c’est la lessive, c’est aussi un tableau avec beaucoup de couleurs, ça peut être trop de réverb, trop de son dans une pièce un « wash of sounds ». J’aimais bien cette idée de mélange, parce que c’est un peu ce qu’on fait, on mélange toutes nos idées musicales et toutes nos expériences de vie » explique David

Un style à part qu’il est difficile de définir en fait, même par les principaux intéressés, « moi je dirais que c’est de la pop, on est plus proche de la pop que du rock ou du jazz. C’est le plus facile à dire après il y a un peu de psyché, un peu de funk, il y a des collisions d’autres genres mais si on devait se ranger dans une grosse case, ce serait la pop » précise Jérôme

« C’est vrai que de dire pop, ça veut tout dire et rien dire, parce que finalement on fait tous de la pop, on met juste notre patte dedans… » ajoute David

Pour mieux expliquer leur style et par la même occasion faire une comparaison, Jérôme nous dit amusé « si on partait en train, il y a plusieurs trains mais tu n’en prends qu’un.  En fait, on fait ce qui nous parle, on ne s’est pas dit qu’on voulait faire tel ou tel style de musique, c’est pas comme si on avait dit on veut faire la disco du coup on fait de la disco ! Non, on a fait des chansons, et ce sont ces chansons-là qui font le style de notre musique. » Et finalement, c’est cette alliance, entre les claviers et la guitare qui ont créé cette musique, le son de The Wash.

The Wash c’est l’alliance de deux univers, d’influences diverses, pourtant au départ la base reste la même, claviers / guitares, « Le mélange vient des parcours de chacun, moi j’ai grandi avec la guitare j’ai écouté Rage Against The Machine, Guns and Roses et tout ce que je voulais c’était jouer de la guitare, de son côté David faisait du clavier  du synthétiseur et le premier morceau qu’il a joué c’était le générique de Miami Vice et en fait finalement notre musique c’est une collision de ça » détaille Jérôme

Évidemment, certains artistes influencent leur musique, parce que l’on tend toujours vers un mimétisme vis-à-vis des artistes que l’on admire, « dans un sens à 18 ans tu essayes de jouer comme quelqu’un, tu veux plutôt faire du que créer, mais quand tu n’as pas 18 ans (ndlr : comme eux) il y a une vraie envie de musique et de son qui rentre dans ta tête, et après ça sort comme ça sort. J’ai l’impression que c’est ça, nous n’avons focalisé sur rien mais il y a des choses qui nous parlent et c’est sûr qu’il y a des influences » nous raconte David

Jérôme ajoute « il y a forcément des influences mais on ne s’est pas dit qu’on allait faire un morceau à la manière de, on essaye pas de sonner comme machin », David précise « c’est une bonne manière de travailler, il y a des gens qui travaillent comme ça ! mais nous non ! Finalement, ce qu’on entend dans l’album ce sont les influences MGMT, Phoenix etc, on nous parle souvent de Beach House. Les auditeurs vont avoir des références auxquelles on n’avait pas forcément pensé, et des groupes que l’on a même jamais écoutés ».

 

 

Dans leurs chansons, les deux amis mêlent habilement nostalgie, mélancolie, et joie de vivre. Les mélodies « feel good » sont associées à des textes plutôt tristes, et cela donne un joli paradoxe. Une écriture à quatre mains, où l’un compose, quand l’autre écrit, « Typiquement Summer, c’était des accords que j’avais fait à la guitare mais j’avais une idée de voix qui n’était pas du tout celle-là. Cela n’avait rien à voir au niveau des harmonies, jamais je n’aurais pensé à un truc pareil » confie Jérôme.

En ce qui concerne les textes, David essaie de transmettre du ressenti à travers ses mots, « ma vie influence forcément mais ce ne sont pas des histoires, ce sont des sentiments, je pense à un moment de ma vie mais je n’ai pas du tout envie de raconter le moment mais plutôt ce qu’il m’a fait ressentir. » nous explique David.

Il ajoute « Je pense que je ne suis pas doué pour raconter des histoires, j’ai un peu peur de donner des informations, je suis un peu pudique. J’ai l’impression que les gens vont me juger, mais je veux raconter ce que je ressens. Chaque chanson est un moment différent de ma vie, mais vu à travers les sentiments. Par exemple, la chanson Heart ça parle d’un rêve et souvent je me réveille comme ça, en pleine nuit et j’écris mon rêve. Donc cette chanson-là, c’est juste un rêve dont j’ai noté les paroles. Du début à la fin c’est le rêve, j’ai changé quelques trucs pour que ça ait du sens, mais sinon ce n’était qu’un rêve. »

Leur premier album est très bien accueilli par la critique et par le public, et c’est probablement la récompense logique d’un travail acharné, et d’une grande persévérance. « Je ne veux pas paraître prétentieux, mais je suis assez fier des chansons qu’on a faites. Je pense qu’on a trouvé notre son, il y a des artistes qui mettent trois ou quatre albums à le trouver, et nous on arrive déjà avec notre identité. Je pense que nos chansons sont bien gaulées, en plus David chante super bien ! » nous raconte Jérôme.

David ajoute « C’est vrai que je ne suis pas surpris, oui on a fait un album, ça se passe bien et je suis content en fait. Je veux que les gens écoutent ça et si les gens écoutent je suis content ».

Après un premier album de qualité, à écouter sans modération, The Wash prendra la route à l’automne pour quelques concerts.

À ne rater sous aucun prétexte !

Premier album, Just enough pleasure to remember, sorti le 7 février 2020, toujours disponible.

 

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