Chronique album : Eternels jusqu’à demain – Thomas Dutronc

 

Eternels jusqu’à demain, un joli oxymore qui nous rappelle qu’à chaque seconde la vie peut s’arrêter, mais c’est aussi le titre du nouvel album de Thomas Dutronc, sorti en mai dernier.

L’artiste y paraît plus populaire, et moins élitiste que dans ses précédents albums. En effet, Thomas Dutronc erre dans le côté pop-rock à la française, qui a bien du mal à s’exprimer en français, puisque c’est le genre de projet qui semble peiner à trouver son public (je pense notamment à Archimède, Kaolin…)

Dans ce nouveau disque, Thomas se révèle plus abordable et moins « intellectuel » musicalement parlant, non pas qu’il ait revu ses prétentions musicales à la baisse, non, il a mûri et nous propose un album qui correspond à ce qu’il est aujourd’hui, à ses envies actuelles. Une façon comme une autre de s’évader, outre-manche, vers Londres ou Liverpool, pour revivre l’époque bénie du rock anglais.

L’artiste est fidèle à ceux qui l’ont porté vers le succès à ses « débuts » et pourtant il nous offre un « swing » à l’anglaise, version années 60 qui n’est pas sans nous déplaire. En effet, ses collaborations restent peu ou proue les mêmes en termes d’écritures, et de compositions, et ce n’est vraiment pas pour nous déplaire. En effet, ces influences jazz- manouche apportent une dimension particulière, et une touche de swing qui ne sauraient être sans les musiciens incroyables et les personnalités fortes qui entourent Thomas sur cet album.

Peut-être, déroutant pour les fans de la 1ère heure, pour les inconditionnels de musique manouche / gitane, qu’il a su populariser sans la ringardiser à ses débuts, Thomas Dutronc montre un panel artistique plus large, ce qui ne laisse pas sans se poser de questions.

Artiste très perfectionniste, homme attachant et très cultivé, il n’accorde pas l’importance que l’on pourrait croire aux chiffres, en « bon fils de » il sait que le succès va et vient, et qu’il ne définit pas l’artiste. Il sait aussi que, bien qu’il doive sa popularité en partie à ses célèbres géniteurs, il n’en joue pas, et reste « humain » avant tout, et même s’il possède des qualités artistiques indéniables, il n’y a chez Thomas Dutronc aucun air supérieur, aucune prétention, que ce soit dans ce qu’il fait ou dans ce qu’il est.

Un magnifique album, plein de peps et de bonne humeur, à découvrir d’urgence.

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