Portrait : Raphaël Ferret – De la musique à Profilage, et vice- versa

Connu pour son rôle d’Hyppolite de Courtène dans la série à succès de TF1, Profilage, Raphaël Ferret est aussi auteur, compositeur et interprète. Passionné de musique et d’Art en général et ce depuis l’adolescence, l’artiste est un véritable « touche à tout », « J’aime tout ce qui est art, je suis intéressé, j’aime faire, après il y a des trucs dans lesquels je suis moins bon que d’autres, mais j’aime toucher à tout » explique-t-il

Concernant la musique, sa passion adolescente ne s’est jamais démentie, « Je fais de la musique depuis que j’ai 16 ans, j’en ai 40, forcément ma musique est passée par des étapes différentes, d’une manière générale j’ai une tendance à aimer tout ce qui va m’apporter une sensibilité, de la nostalgie, c’est quelque chose qui me plait, ça peut être dans du rock, ça peut être dans de la musique énervée, mais j’aime quand il y a une fêlure, quand je sens une histoire derrière les chansons. Donc je fais de la musique avec une touche de nostalgie dans plein de styles différents » raconte Raphaël.

Des styles différents qu’il nourrit dans la musique qu’il écoute, parfois rock, parfois grunge, parfois folks, les artistes qui influencent Raphaël Ferret sont nombreux « quand j’étais petit mon idole absolu c’était Jimi Hendrix je crois que c’est même grâce à lui que j’ai découvert la musique, je devais avoir 10 ans, j’étais allé au cinéma y avait une pub pour Nike qui passait et la musique m’avait vraiment fait quelque chose, et à l’époque il n’y avait pas internet, il n’y avait pas Shazam, je crois que je suis allé dans des magasins Nike pour leur demander la musique de la pub, on m’avait répondu « je crois que c’est Jimi Hendrix », je ne savais pas quelle chanson c’était, donc j’ai commencé à acheter tout ce que je trouvais, et c’était Little Wing, et au final j’ai tout acheté, tout écouté, et il m’a donné envie de commencer la guitare, mais c’est important c’était le premier truc que j’écoutais qui était de mon goût personnel, le premier truc que j’écoutais moi, qui ne venait pas de mes parents » se confie –t-il

Adolescent c’est un revirement puisque le grunge s’invite dans sa vie avec Kurt Cobain, et le groupe Nirvana, « j’écoutais beaucoup Nirvana, j’avais 16 ans en plein Kurt Cobain, j’étais très rock, punk à fond, j’ai même eu des dreads ! » rit Raphaël

Et puis en grandissant les goûts changent ou tout du moins ils évoluent, « j’adorais les tous premiers albums des Red Hot, ensuite je dirai dans mes autres influences que j’écoutais des choses moins agressives, et je suis passée au folk américain avec Neil Young et Johnny Cash, principalement, et ensuite Elliott Smith, son histoire quand il chantait je sentais une mélancolie, une douceur pas feinte, quelque chose de pur » ajoute –t-il.

Et s’il devait avouer des goûts inattendus en musique ce serait Booba, et c’est pour le moins surprenant, « j’ai eu une période rap avec Booba, mais au tout début, son premier album Lunatique, j’étais fan absolu, il y avait une urgence, un coté très brut, qu’il a perdu après… À ce moment-là, il sort de prison, il n’est personne, et il fait ce truc, c’est presque désespéré ! Et ce type là il avait un talent extraordinaire, et puis il est devenu une blague » dit-il

 

 

Raphaël Ferret a traversé différentes époques autant en matière de styles musicaux, qu’en matière de supports d’écoute, d’ailleurs les nouveaux modes de consommation artistique le laissent dubitatif, « je ne comprends plus comment la musique se consomme, avant il y avait un CD qui sortait, on l’achetait, on l’écoutait, et on connaissait la pochette, on connaissait tous les morceaux, les albums étaient iconiques d’une époque » analyse Raphaël

« Aujourd’hui on consomme chanson par chanson, il y a encore des albums ça se fait moins, mais j’ai moins de repères dans le temps… Si tu veux maintenant j’écoute une chanson je vais pas forcément écouter l’album, avant on écoutait l’album et on finissait par aimer les chansons qui ne nous plaisaient pas tant que ça dessus car on l’écoutait toujours en boucles, en soirée etc et on finissait par aimer… Maintenant on écoute vite fait, on dit ah ça j’aime, ça je n’aime pas, je prends celle-là, mais ça se consomme très vite quoi donc j’ai plus de mal à avoir des albums référents à notre époque. » déplore-t-il

« De toute façon je n’achète que des vieux vinyles ! » ajoute-t-il en souriant.

Pour créer sa musique l’inspiration est reine, et elle décide du moment propice à la création, « L’inspiration peut frapper n’importe où, c’est pour ça que j’emmène ma guitare partout avec moi. Parce que je ne sais pas, ça se trouve je vais me mettre à faire un truc et ça va venir, du coup ma femme est très jalouse de ma guitare, je l’emmène toujours avec moi et ça prend de la place, et je la comprends, elle subit un peu mais elle m’encourage quand même » explique-t-il, si aucun lieu ne retient son attention dans la création, ce sont plutôt les instants qui la gouverne, « j’aime écrire le soir, plutôt la nuit, quand la nuit tombe c’est plus enclin à la nostalgie, à la mélancolie, mais je n’ai pas vraiment d’endroit particulier, il m’est arrivé d’écrire quand j’étais à la campagne, il y a une chanson que j’adore, c’est une de mes préférées, c’est une chanson en français c’est un air que j’avais depuis super longtemps, et j’avais envie d’écrire en français, on tournait Profilage on était dans le Morvan il faisait 2000 degrés, on faisait une petite fête, il y avait ce petit couple d’ado, j’avais l’impression qu’il lui déclarait sa flamme, et je suis rentré dans ma chambre d’hôtel j’ai écrit les paroles en 10 minutes » raconte Raphaël

Écrire, et créer est un exercice complexe, qui demande concentration, mais aussi un peu d’abnégation, c’est un processus qui peut s’avérer long et difficile, « En fait ça dépend je joue de la guitare parfois je trouve un air que j’aime bien, et au début je chante un peu en yaourt et le thème vient naturellement. Parfois il y a des mots qui vont venir, je pense que le thème vient de lui-même c’est presque pas moi qui le choisit, et toujours à partir de ce que je vis, de ce que je ressens. Les thèmes naissent un peu seul c’est quasiment tout le temps la musique qui vient en premier, j’essaie de ne pas faire que de la guitare parce que ça limite, et que je ne veux pas m’enfermer dans un style, je travaille avec des auteurs, et je leur dis écrivez moi des trucs parce que forcément à force je vais écrire sur les mêmes choses. » détaille-t-il

Entretenir une forme de nostalgie, et de mélancolie peut favoriser la création, « Quand j’étais plus jeune, j’ai écrit des trucs trop bien pour l’âge que j’avais, il y avait une nécessité à faire les choses, une envie, des trucs sombres sont nés des trucs finalement chouettes ! » confie Raphaël

Cette nostalgie il l’entretient également en faisant quelques reprises qu’il partage parfois sur ses réseaux sociaux, « J’ai déjà fait une reprise d’une chanson pas du tout connue des Beach Boys Lookin’ at tomorrow, et sinon j’avais une super reprise de Window Shopper de 50 cent. Sinon je kifferai de jouer et de chanter hyper bien au piano Le coup de soleil de Richard Cocciante, mais je ne joue pas très bien du piano, j’adore Richard Cocciante c’est un peu cheesy… » dit-il dans un sourire

Aujourd’hui alors que le tournage de la série a repris, avec Shym’ dans le rôle de psycho-criminologue, Raphaël déborde de nouveaux projets notamment un duo pop folk avec une de ses amies, « Là j’ai un projet de duo acoustique un peu dans le style de Kings of Convenience, c’est deux guitares et deux voix qui se mêlent l’idée c’est de faire une folk très harmonieuse homme et femme » souffle-t-il sur le ton de la confidence.

En bref, 2019 sera pour Raphaël Ferret une année charnière notamment en ce qui concerne la musique, même s’il est conscient des difficultés et des enjeux, car comme il le dit « 99% des gens qui font de la musique n’en vivent pas », mais ce qui compte pour lui c’est le côté récréatif et fédérateur de celle-ci.

Un artiste humain, sincère, et surtout qui, je pense, nous cache encore de multiples talents…

À suivre !

Crédit photos : TF1

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3 commentaires sur “Portrait : Raphaël Ferret – De la musique à Profilage, et vice- versa

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  1. Très beau portrait ! On apprends pleins de choses sur cet acteur / artiste qui à l’air d’avoir le coeur sur la main, et une belle patte artistique !

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